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"Obéissance au mari":
Couvrez cette plaque que je ne saurais voir…….
et oui....c'était hier....
La municipalité d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a recouvert d'un rideau une vieille plaque, dans la salle des mariages, proclamant que "la femme doit obéissance à son mari", à l'occasion de la Journée des femmes, a-t-on appris samedi auprès de la mairie.
Cette plaque de marbre, qui date de la construction de la mairie à la toute fin du XIXe siècle, contient des articles du code civil de l'époque, dont deux semblent particulièrement obsolètes aujourd'hui: "la femme doit obéissance à son mari" (article 213) et "la femme est obligée d'habiter avec le mari et de le suivre où il juge à propos de résider" (article 214).
La décision de cacher cette plaque de marbre du 6 au 12 mars a été prise par la municipalité, avec "La maison des femmes", une association asniéroise, afin de mener une action symbolique autour de la Journée des femmes, a indiqué la municipalité à l'AFP, confirmant une information du Parisien.
Le retrait de la plaque, et son remplacement par des extraits du code civil actuel, est à l'étude. La mairie précise toutefois que, dans cette hypothèse, la plaque d'origine sera conservée et mise bien en vue dans la mairie, qui est par ailleurs classée aux Monuments historiques
Quel avenir pour la plaque ?
Pour autant, si l’idée d’un camouflage temporaire a été saluée, les souhaits sont partagés quant à l’avenir de la plaque en question. D’un côté, les partisans du retrait pur et simple. « Les gens ne la remarquent pas toujours mais l’inscription est là, comme une injure sous nos yeux… Que dirait-on si, dans un bâtiment officiel de la République, on trouvait des extraits du Code noir ou des lois antijuives ! » S’exclame Féliciano Gomez, adjoint à la politique de la ville et à la lutte contre les discriminations. L’élu s’est néanmoins livré à un petit sondage dont le résultat l’a surpris : « J’avais en charge les mariages le jour de la Saint-Valentin. J’ai demandé leur avis aux jeunes couples. Tous m’ont assuré qu’ils n’étaient pas choqués, qu’ils y voyaient au contraire une marque du chemin parcouru… »
Du côté des partisans du maintien, c’est aussi l’avis de Fatima Chahid, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes : « Les gens savent que les consciences ont évolué et que nous n’en sommes plus là. Cette inscription est justement l’occasion de le souligner lors des cérémonies. »
Classée aux Monuments historiques
Sébastien Pietrasanta, maire (PS) d’Asnières et ex-professeur d’histoire, ne se fait jamais prier pour le faire : « A chaque mariage, j’évoque cette plaque. C’est un excellent support pédagogique. » Une fois le rideau rouvert, quid de la plaque polémique ? Il pourrait être question de lui adjoindre un autre marbre, avec les nouveaux extraits du Code civil… En lieu et place du sulfureux article 213 « La femme doit obéissance à son mari » se trouve un très paritaire : « Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. »
Seul hic, la salle des mariages est classée aux Monuments historiques. Rajouter une plaque ne pourra pas se faire sans l’accord de l’architecte des Bâtiments de France.