Pourquoi ce blog ? Passionnée de peinture, de sculpture, de poésie, touche à tout, autodidacte, éprise de Culture, J'ai crée ce blog afin de partager mes passions, et peut être aussi mes coups de gueule, Mon hobbies ? La peinture….vous trouverez sur celui-ci quelques unes de mes œuvres, un peu d'histoire de l'art, de l'insolite, de la poésie, de la musique, des citations, mes lectures préférées et plein d'autres choses encore…..….

Approche historique de la folie
Analyse de l'image
Le 25 août 1793, Philippe Pinel (1745-1826) est nommé médecin-chef de Bicêtre par décret de la Convention nationale. Avec son surveillant Jean-Baptiste Poussin (1745-1811), il décide de libérer de leurs chaînes les hommes qui y sont internés pour aliénation mentale. Ce geste humaniste et mythique de Pinel a été immortalisé au siècle suivant par le peintre Charles-Louis Müller (1815-1892).
Réplique « féminine » de la toile de Müller, le tableau de Tony Robert-Fleury (1838-1911) représente le célèbre aliéniste délivrant les démentes incarcérées à l’hôpital de la Salpêtrière où il est nommé le 24 floréal An III (13 mai 1795). Le médecin se tient debout à gauche de l’image. Il est vêtu d’une longue redingote noire et coiffé d’un bicorne. Il tient une canne dans la main gauche. Agenouillée à ses pieds, une femme baise sa main droite avec dévotion. Pinel assiste à la délivrance d’une aliénée debout au centre du tableau. Le regard absent, elle s’abandonne dans une totale indifférence aux soins du surveillant qui lui ôte ses chaînes. A l’arrière-plan, une femme dépoitraillée se tord sur le sol, en proie à une crise de démence. A droite, quelques folles entravées attendent leur libération. Derrière le médecin, un petit nombre de curieux assistent à cette scène extraordinaire.
La composition de l’œuvre de Tony Robert-Fleury est très proche de celle de Charles-Louis Müller, les deux artistes ayant adopté le parti de représenter « en gloire » l’auteur de cet acte humanitaire.
Interpretation
La folie n’a pas toujours été considérée comme une maladie mentale : le regard que l’on porte sur elle dépend de la culture dans laquelle elle s’inscrit. Ainsi, à l’orée de la Renaissance, le fou est une figure majeure comme en témoignent les œuvres de Jérôme Bosch (vers 1453-vers 1516) ou de Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525-1569), mais aussi le thème littéraire et pictural de La Nef des Fous imaginé par l’écrivain strasbourgeois Sébastien Brant (1458-1521) en 1494. La folie alors fascine parce qu’on lui prête d’inquiétants pouvoirs et un savoir ésotérique : images d’apocalypse, de bestialité bouffonne, connivence avec les puissances du Mal… Cependant, dans l’Eloge de la Folie, Erasme y voit déjà un égarement funeste imputable aux faiblesses et aux illusions des hommes : « Celui-ci, plus laid qu’un singe, se voit beau comme Nirée […]; cet autre croit chanter comme Hermogène, alors qu’il est l’âne devant la lyre et que sa voix sonne aussi faux que celle du coq mordant sa poule. » Quoi qu’il en soit, si la Renaissance voit dans la folie une manifestation cosmique qui permet à celui qui en est atteint de découvrir des mondes étranges, l’âge classique va réduire le fou au silence en définissant une norme sociale qui distingue raison et déraison. En 1656, la création de l’Hôpital Général, à Paris, inaugure l’ère du « grand renfermement » : le fou est interné aux côtés des délinquants, des débauchés, des marginaux et des mendiants, c’est-à-dire de tous ceux qui constituent une charge pour la société. A la fin du XVIIIe siècle, les fous sont isolés et regroupés dans des asiles : la médicalisation de la folie, considérée comme maladie mentale, est alors possible.
Auteur de l’article ; Alain GALOIN